Parc national des Cévennes
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Les forêts

Hêtraie sur l’Aigoual © Olivier Prohin
Hêtraie sur l’Aigoual © Olivier Prohin
Le Parc national des Cévennes est le seul grand parc national forestier de métropole. La forêt occupe 72 % du territoire. Elle est constituée pour 60 % de feuillus et pour 40 % de résineux. Elle ne cesse de s’étendre au détriment des milieux herbacés délaissés par le pâturage. Du taillis de chêne vert à la hêtraie-sapinière montagnarde, les forêts du Parc national sont extrêmement variées. Cette variété est due à l'altitude, au type de roche, à l'âge des forêts et à leur histoire également.

Les bas étages méditerranéens

Jusqu’à 500 m d'altitude, le chêne vert est omniprésent. Plus haut, vers 700 m, des chênaies à feuille caduque sur silice et sur calcaire forment la transition vers l’étage montagnard - chêne sessile, chêne pubescent…

Favorisée par l’homme, la châtaigneraie s’est développée sur des sols favorables au chêne vert ou au chêne sessile, lesquels s’imposeront à nouveau si la châtaigneraie n‘est plus entretenue.

Les étages méditerranéen et montagnard

Les forêts de pin de Salzmann et quelques forêts de pin sylvestre boisent les terrains très arides, comme les arêtes rocheuses. La plupart des forêts de pin sylvestre situées entre 600 et 1 400 m d’altitude sont amenées à évoluer à moyen terme. En effet, le pin sylvestre occupe les terrains délaissés il y a peu par l'agriculture mais sera remplacé par des arbres mieux adaptés tels le hêtre ou le chêne.

Des situations en combe et sur éboulis plus ou moins stabilisés accueillent des forêts de ravin composées d’érables, de frênes et de tilleuls. Signalons que le bouleau est essentiellement localisé aux ubacs -versants nord - des massifs schisteux (Aigoual, mont Lozère, Bougès), à la limite inférieure de la hêtraie.

L’étage montagnard

Le hêtre règne à partir de 900 m environ. On distingue les hêtraies sur sol calcaire sec, les hêtraies-sapinières sur sol peu acide et les hêtraies-sapinières sur sol acide. Le hêtre s’étend dans les principaux massifs siliceux (Aigoual, Bougès, mont Lozère), jusqu’à 1500 m d’altitude. Il est également présent en ubac sur les Causses et les Cans, à une altitude inférieure à 1 000 m. 
Inclus dans la hêtraie, le sapin autochtone occupe une place réduite sur le versant nord du mont Lozère et du Bougès, dans des zones d’éboulis.

L’étage subalpin

A la limite entre les forêts malmenées et les milieux ouverts des sommets, des hêtraies d’altitude ne subsistent que très ponctuellement.

Un patrimoine à préserver

L’évolution de la forêt a favorisé le retour ou l’installation de diverses espèces animales et végétales. C'est le cas du pic noir, dont la présence est aujourd’hui régulière, ou de la chouette de Tengmalm, dont plusieurs noyaux de population ont pu être observés.

Des lieux accueillants pour certains animaux

Plusieurs espèces de rapaces emblématiques, notamment l'aigle royal et le circaète Jean-le-Blanc, trouvent en forêt les conditions idéales pour installer leur nid et assurer leur reproduction.  Les forêts âgées sont extrêmement favorables à plusieurs espèces d'insectes qui se nourrissent du bois mort : la belle Rosalie alpine, l’osmoderme, le grand capricorne ou le cerf volant.

Osmoderme ® Jean-Pierre Malafosse
Circaète Jean-le-Blanc © Regis Descamps
Chouette de Tengmalm © Regis Descamps

Quelques plantes emblématiques des forêts du Parc

  • L’arabette des Cévennes (Arabis cebennensis) est une espèce rare présente dans les herbiers des bords de ruisseaux forestiers.
  • Le botryche à feuille de matricaire (Botrychium matricariifolium) est une belle et discrète fougère des sous bois.
  • La gagée jaune (Gagea lutea) vient fleurir les bois de hêtre dès le début du printemps.
  • La buxbaumie verte (Buxbaumia viridis), petite mousse protégée au niveau européen, pousse sur le bois en décomposition.
Buxbaumie verte © Bruno Descaves
Arabette des Cévennes © Emeric Sulmont
Gagée jaune © Bruno Descaves